Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 20:45

Une semaine de vacances !!! Ah que ça fait du bien ! Ne riez pas, on avait vraiment besoin de se poser un peu et surtout de ne rien faire ! Un petit coin sympa dans la Sierra de Cordoba, à quelques heures de la ville, hors-saison, un camping, un barbec, une rivière avec des "piscines", du soleil...Il n'en faut pas plus pour se reposer un peu du rythme de voyage soutenu de ce début d'année...Des vacances en attendant d'accomplir un truc incroyable.... : TRA-VA-ILLER !

 

Un mail, "ça commence le 19", des bus, Maipu, nous voilà de nouveau dans la région de Mendoza, non pas pour le tryptique Bife, papas, vino mais "seulement" pour le vin !!

Retour donc chez Carinae, "viñedos y bodega", que l'on avait visité avec les parents de Cécile. Nous avions contacté Brigitte et Philippe, propriétaires de la Bodega, en octobre 2011 avant notre départ de France !! 3 semaines de vendanges, vinification et visites guidées nous attendent. 3 semaines de boulot, certes, mais avec une chouette équipe de jeunes travailleurs (français, ça n'aide pas pour notre espagnol !), une bonne ambiance et un accueil au delà de ce que l'on pouvait attendre...on se sent comme à la maison ! Le luxe en plus, un "grand" lit confortable et une armoire !!  Oui, oui, on peut sortir nos vêtements des sacs ! Il en faut peu pour nous contenter !!

Mais on est là pour bosser quand même : vendange et tri du raisin au programme. Même traitement pour tous les vendangeurs : une "fiche" par caisse pleine (18 Kg la caisse, ça fait lourd quand on est à l'autre bout du rang !), c'est à dire 4,50 pesos la caisse (0,80 centimes d'euros), c'est à dire 2 caisses pour acheter un litre de bière...Les choses n'ont plus la même valeur après quand on fait les courses ! "Hé mais ça c'est une matinée de boulot dans les vignes !!!". Faut y aller, et on est loin du type de 65 ans qui fait 35 caisses par jour à lui tout seul (c'est ce qu'on fait à deux dans les bons jours !). Chacun trouve son rythme (surtout nos amis basques...ils se reconnaîtront !) et nous ne sommes pas ridicules !

 

On se laissera un peu lobotimiser par la table de tri (on enlève les feuilles ramassées (plus ou moins nombreuses selon les vendangeurs) en même temps que le raisin) et les grappes qui défilent devant nos yeux...parfois jusqu'aux heures tardives de la nuit...On finit par chanter Brassens, Christophe, Cabrel, Dassin, ou à jouer au télephone arabe...Pour vous donner une idée, il faut entre 5 et 6 heure pour trier 4000kg de raisin.

 

2 semaines qui passent vite ! Une dernière soirée à Mendoza, on sort un peu de notre campagne, quelques bières et chacun reprend le chemin de son voyage. Où êtes-vous maintenant ? 

Le nôtre s'attarde une semaine de plus chez Carinae, on y est bien il faut croire ! Il y a du boulot en cave suite aux vendanges, et au "tourisme" avec le WE de Pâques et les jours fériés.

Cécile donne un coup de main à Alejandra pour l'étiquetage des bouteilles (3000 bouteilles à préparer pour la Pologne et l'étiquetage (pose de 4 étiquettes) se fait à la main !) et aide pour les visites guidées + dégustations en anglais.

Gonzague travaille à la cave (remontages des cuves (dans chaque cuve, pomper le jus par le bas et le renvoyer en haut au dessus du chapeau afin d'oxygéner le vin et de maintenir le chapeau mouillé), prise des températures + mesure des taux de sucre : ce qui permet de suivre la fermentation des cuves., mouillage des barriques du précédent millésime : compléter le niveau des barriques du fait de la part des anges.

 

Et puis comme tout a une fin, il faut partir et recommencer, reprendre la route. Tchao Brigitte et Philippe, tchao toute l'équipe...Quelle belle expérience, merci pour tout !

 

Après 3 semaines "posées", pas facile de retrouver le rythme. On y va tranquille en faisant d'abord un arrêt quelques jours pas très loin pour voir des copains de voyage qui travaillent bénévolement dans une ferme "permacultura". Hugo et Silvana ont quitté leur vie en ville pour réaliser ici leur projet..On nourrit les poules, on mange des asados, on joue de la musique, on fait la vaisselle à la poudre de mais, on fait ses besoins dans les toilettes sèches top niveau, on se lave dans une douche genre pub "Tahiti douche" mais surtout sans tahiti douche, la maison est en terre, on récupère, on recycle tous les déchets, électricité grâce aux panneaux solaires, potager...Tout est pensé ici dans le respect de l'environnement, de la nature, du corps et  dans le "consommer intelligemment "..Des tas de choses à apprendre et qui font réfléchir...Et que de projets dans leur tête encore !!! A suivre donc.

 

Cécile est quand même sortie de la campagne pour une soirée chants traditionnels, avec une star locale. Soirée assez "familiale" avec chants un peu "kitsh" accompagné par une guitare classique. On n'en fera pas notre style de musique favori mais c'est quand même intéressant surtout quand la danse (encore plus kitsh) avec des mouchoirs accompagne le chant ! La soirée termine dans un resto où Gucho et la Gabi (nos chaperons) entonnent un - je vais retrouver le nom de ce type de chant !!! - pour une chanteuse colombienne venue donner un concert. C'est surprenant, spontané et donc très chouette. Dans ce type de chant une partie est laissée libre à l'improvisation de l'interprète qui fait une dédicace à une personne en particulier. En remerciement cette dernière offre un verre de vin au chanteur. La tradition est née dans les bodegas (vignobles) aux alentours de Mendoza et les chants traitent d'amour bien sûr mais aussi de vin, de vendanges ect.

 

2 jours après on remet le pied sur la route, elle continue donc un peu plus au sud où l'automne a déjà commencé.

 

 

http://www.carinaevinos.com/

 

http://regresoalasfuentes.blogspot.com.ar/

 

 

 

 

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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 21:15

Une fois n’est pas coutume, nous reprenons l'avion (après on arrête) pour être à l'heure à notre RDV. Décolage El Calafate, escale à Buenos Aires, terminus Mendoza, "Capital International del Vino", au pied des Andes. Aéroport, bus à travers la ville, marche jusqu’à notre auberge…. Mais ce couple là devant nous, la démarche, les cheveux blancs ;) nous sont familiers. Ils nous ont suivi jusqu’ici !! Voilà papa et maman Courde sur le trottoir de l’avenue Villanueva, se rendant au rendez-vous programmé à l'auberge. Ils sont en Argentine depuis un mois. Nous fêtons nos retrouvailles autour d’un bon bife de chorizo, de papas fritas et d’un vino tinto. Aucun écart n’est permis dans le régime adopté depuis leur arrivée (le temps de la soupe aux légumes est encore loin) et ce n’est pas pour nous déplaire !

Nous sommes à Mendoza pour la fête des vendanges, la Vendimia 2012 ; “Mendoza, Capital International del Vino, vestite de Malbec”. Au programme des festivités : dégustation de vins, élection de la reine (une grosse affaire), spectacle de danses, sons et lumières, concerts…

Le Malbec est LE cepage argentin (originaire de Cahors). La région de Mendoza est la principale région productrice de vin en Argentine (65%). Mais on en trouve aussi plus au nord, vers Cafayate. L’Argentine est le cinquième pays producteur de vin au monde. Mais la fête, on le découvrira, c’est aussi et surtout une histoire de reine. Une “miss” par “canton” (18) pour une seule et unique reine de la Vendimia 2012. Chars, bonbons, paillettes, musique, sourires, brushings, défilé, affiches,… Toute la ville est à fond. Les places pour le spectacle dans l’amphithéâtre sont déjà toutes vendues. On guettera le résultat le lendemain sur les journaux : Wanda est la nouvelle Reine. On aura même la chance de la voir saluer la foule, depuis son petit bateau dans le parc de la ville. On est toujours là au bon moment !!

Au programme de notre séjour, une petite journée dans les vignobles bien évidemment pour améliorer nos connaissances sur les vins argentins :

- Terrazas de los Andes, exploitation “moyenne” : 4 000 000 de bouteilles par an !! On a bien dit exploitation moyenne… Les plus grosses en Argentine vont jusqu’à 40 000 000 de bouteilles par an. Nous avons le droit à un petit-déj’ gargantuesque dans un cadre magnifique, en attendant la visite et la dégustation, avec les Andes en toile de fond. La cave est impressionnante, nous n’avons vu jamais vu autant de cuves inox à la fois dans un même endroit !

- Bodega Carinae, petite exploitation (20 hectares), tenue par des français, chez qui nous ferons les vendanges. C’est l’occasion de deja faire connaissance et nos papilles ne le regretteront pas. On en garde un peu pour la suite. On vous en dira plus dans quelques semaines….

On s’est aussi baladé dans Mendoza bien sûr, 150 000 habitants et troisième ville du pays. On aura compris que la ville a été détruite par un énorme tremvblement de terre meurtrier à la fin du 19ème siècle. On y visitera également pas mal de ses parillas (resto de viandes grillées) pour le trio Bife, papas, vin. Pas d’écart permis !!

 

Et puis nous voilà tous les 4 dans un bus, objectif : Cordoba ! Nous faisons le trajet de jour pour pouvoir admirer les superbes paysages des Sierras Centrales que nous traversons..."Oui oui, on prend le bus de jour pour voir les paysages de montagne" on nous dit...Heureusement que la première moitiée de la journée ce n'est pas les montagnes, ça permet à la géneration précédente d'admirer le paysage depuis le pays des rêves...;) Enfin nous ne sommes pas en reste, les champs de soja nous permettent un petit somme avant les collines et montagnes verdoyantes de la sierra de Cordoba. Nous sommes quand même bien contents d'arriver à Cordoba après la journée de bus...C'est la 2e ville d'Argentine (de la taille de Lyon environ), ville étudiante, ville agitée et bruyante et ville historique, puisque ancien carrefour commercial stratégique de l'époque de la colonisation...On ne perd pas de temps et le lendemain en route pour visiter les estancias jésuites de la région, classées au patrimoine mondial de l'Unesco. 

Enfin l'objectif premier est de rejoindre l'Estancia Puesto Viejo au fin fond des montagnes. En Argentine, beaucoup de fermes/ranchs ont développé un concept de "séjour à la ferme" un peu chicos, avec nuits sur place, excursions, ballades, cheval, repas copieux, vues superbes...Souvent inaccessibles en termes de prix, celle-ci est beaucoup plus abordable...mais inaccessible pour le coup ! Il a beaucoup plu dans la région et le niveau d'eau des rivières a monté. Après 1h de piste et quelques gués - faciles niveau 0 pour M.Courde - en Opel corsa, nous voilà devant une rivière bien plus agitée...impossible de traverser. Le patron du bar-resto qui se tient là regarde l'eau depuis le matin "No no es possible". Ou alors il faut attendre que ça baisse, oui mais il fera nuit. Bon ben voilà, un petit coca en se remémorant quelques aventures africaines du même genre mais en 4x4, et on rebrousse chemin. Snif, pas de nuit en estancia au milieu de la montagne et des plaines avec les gauchos...

On sera quand même récompensés par la superbe route qui traverse cette sierra et nous emmène vers les estancias jésuites de Santa Catalina, Jesus Maria et Caroya. Le lendemain on reste sur la même thématique : Estancia d'Alta Gracia et Manzana (quartier) jésuite de Cordoba. Oui, oui, la totale ! Un peu d'explications et d'histoires donc...Les jésuites sont arrivés en Argentine au 16e siècle avec une mission d'instruction et d'évangélisation. Très en avance avec leur techniques de gestion, d'agriculture, d'éducation, ils ont créé des "estancias" (fermes) voir même des villages-communauté. Dans le nord de l'Argentine, ils ont réunis les indiens guaranis en communautés immenses, développant les arts, l'éducation, l'agriculture partagée etc. Les estancias jésuites de Cordoba avaient un autre objectif : permettre de subvenir aux besoins des collèges et universités jésuites de Cordoba. L'expansion et le développement des jésuites a provoqués leur renvoi des colonies par la couronne espagnole. Reste aujourd'hui les impressionantes ruines au nord de l'Argentine et les superbes ensemble autour de Cordoba (patrimoine mondial de l'Unesco). 

Un dernier jour de visite à Cordoba pour finir et voilà 20h de bus qui attendent les parents pour retourner à Buenos Aires. C'est la fin du voyage pour eux. Et la fin des 10 jours passés ensemble, comme une "parenthèse" très chouette dans notre voyage. Sympa de voir des têtes connues et merci pour tout ;) ! On se quitte après une course forcée à travers les rues de la ville pour une arrivée pile poil à la gare routière...Tout ça à cause du concert-retour d'un chanteur argentin super connu qui avait perdu sa voix et qui l'a retrouvée et dont on ne se rappelle plus le nom. En tout cas il y avait du monde et aucun taxi disponible !!!

Ouf ! Les sacs à dos (lourds des bouteilles de vin et des affaires qu'ils ramènent pour nous) et les parents...en voiture ! Bye bye, tchao, bisous. La route continue...

 

 

Album photo "Mendoza - Cordoba"

 

Quelques liens :

 

http://www.mendoza.gov.ar/vendimia/

http://www.estanciapuestoviejo.com/

http://www.latitud-argentina.com/blog/estancias-jesuites-argentine-cordoba/

http://whc.unesco.org/en/list/995

 

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Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 01:50

Traversée de la Terre de feu donc, de la frontière chilienne, du Detroit de Magellan (celui-là même dont on apprend l’existence à l’école), quelques heures à Punta Arenas, pays du mouton et des cormorans et nous posons nos sacs à dos à Puerto Natales (Patagonie chilienne) pour préparer nos quelques jours au magnifique Parque National Torres del Paine (même au coeur de l’Amazonie on nous en a parlé !).

Notre cerveau travaille, avec changement de monnaie (on parle en milliers de pesos ici) et d’accent (plus de « ll » et « y » qui deviennent des « ch » !).

 

Une journée de courses (oui parce qu’on fait aussi des choses « normales » hein...), un cordero dans le ventre (le fameux agneau de Patagonie) préparé par Willy, notre hôte et partagé avec les groupes de randonneurs chiliens de notre auberge, et nous voilà fin prêts ! En 3 jours nous parcourons le « W », randonnée classique du parc, et c’est superbe (oui on se répète). Les « Torres del Paine », les lacs aux eaux glaciaires bleues turquoises, des glaciers et formations rocheuses stupéfiantes, un soleil qui sublime le tout, bref la nature que l’on aime ! Tout aussi marquant malheureusement, les paysages de végétation calcinée le dernier jour, nous ont donné l’impression de traverser le Mordor (entre fin décembre et janvier, 20000 hectares du parc ont brûlés suite aux négligeances d’un touriste...). Une bonne couche de cendre et des arbres noirs accompagnent le randonneur dans une ambiance particulière. Et l’odeur de brûlé est toujours bien présente. « C’est triste » comme nous l’affirmera Nathan, tour-du-mondiste de 4 ans.

Le retour offre un panorama grandiose sur le massif, on regrette d’être en bus et de ne pas pouvoir s’arrêter pour le contempler (enfin sauf Gonzague qui a les yeux bien fermés, la rando ça fatigue !).

 

Vous l’aurez compris nous sommes en Patagonie (sud de la Patagonie), autre région qui nous faisait rêver...Le champ de glaciers (campo de hielo sur) marque la frontière –discutée- entre le Chili et l’Argentine. Au milieu de nulle part nous retraversons vers l’Argentine où se trouve le site du Parque National Los Glaciares, destination d’une excursion quasi inévitable : le Perito Moreno.

Les départs vers cet immense glacier qui ne cesse d’avancer (l’un des rares au monde) se font depuis El Calafate. Cette petite ville est le repère des tour-operators, agences de voyage, boutique de rando « luxe » et autres attractions pour le touriste...pas notre tasse de thé ! On évite tout ça et nous nous mettons d’accord avec Nick et Katia, couple australo-brésilien de notre camping, pour qu’ils nous y emmènent. Comme promis, le glacier est impressionnant. Le site est plutôt bien fait et les passerelles répartissent bien les nombreux touristes. L’activité essentielle consiste à attendre (parfois longtemps) que le mur de glace se brise dans un spectacle fracassant. Lorsque le morceau de plusieurs mètres cubes de glace pénètre dans l’eau c’est comme une explosion de dynamite ! On se prend au jeu !

 

Nous ne nous attardons pas à El Calafate...enfin 4h quand même avant qu’Emilio ne nous prenne en stop ! Il est professeur à El Chaltén, notre prochaine destination. Peu de jours à passer dans ce paradis des randonneurs et grimpeurs, nous avons des rendez-vous à tenir ! Juste ce qu’il faut et un temps superbe qui ne nous lâche pas pour monter jusqu’au Tres lagos et admirer la vue sur le Cerro Fitzroy (sans le vent et les difficiles conditions climatiques annoncées partout, « exceptionnel » dira le guarda-parque). Voilà, on a déjà pas mal utilisé « superbe, magnifique, époustouflant ». Les photos, même si elles sont peu par rapport à la réalité, vous donnent une idée du spectacle. Une 2e belle rando jusqu’au Lago Torre et au Cerro Torre achève notre séjour en Patagonie. C'est que nous avons rencart avec d'autres voyageurs ;).

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Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 01:37

Depuis les terres arides de l’île de la Terre de Feu, on arrive dans l’axe du Canal de Beagle: une eau bleue nuit, les montagnes et pics aux neiges éternelles…Le soleil brille… De nouveau un “rêve” qui se réalise (en particulier pour Gonzague): nous voilà à Ushuaia, ville la plus australe du monde !! (en vrai, il y a encore le village chilien de Puerto Williams un tout petit peu plus au sud). Mais quand même!!

Il est 9h du matin, une petite marche depuis l’aéroport jusqu’au centre ville... Basiquement une rue commercante remplie de restaurants et boutiques de camping/trekking, de souvenirs (du meilleur goût...)

 

Nous inaugurons notre toute nouvelle tente au camping La Pista del Andino avec une superbe vue sur le Canal de Beagle et les îles chiliennes en face. En soi, la ville d’Ushuaia n’a rien d’exceptionnel. 100 000 habitants tout de même, un plan au carré comme la plupart des villes argentines, des maisons, des boutiques, un port. Nous sommes surpris par la plupart des maisons, petites et basses, souvent faites de bric et de broc (parpaings, bois, tolles...), aux isolations quasi inexistantes... pourtant, il fait froid ici l’hiver.

Les boutiques innombrables de souvenirs et les boutiques flambant neuves Northface, Salomon, Columbia répondent à un tourisme de plus en plus important : passage par Ushuaia des bateaux de croisières qui drainent un touriste plutôt aisé. Et c’est d’ici que partent les fameuses expéditions et tours pour l’Antartida !!

Le sentiment du voyageur au bout du monde est quand même particulier dans cette ville !!

 

Un tour en bateau sur le canal nous permet de découvrir un peu plus le coin et de voir de près les lions de mer et les colonies de cormorans. Le temps est magnifique et la vue sur les andes chiliennes enneigées est superbe (on l'a déjà dit ?) !! Une rando vers le glaciar Martial pour nous mettre en jambe, nous offre de plus haut un panorama sur Ushuaia, la baie et le canal.

 

Nous nous échappons d’Ushuaia pour deux jours de rando dans le très beau “Parque National Tierra del Fuego”. Finalement assez peu fréquenté. La partie accessible aux visiteurs est assez réduite et pourtant très accessible aux voitures. Le premier sentier côtier offre une superbe vue sur les îles, la végétation, l’eau d’un bleu azur… Gonzague y trouve des airs de Corse. On pose notre tente sur une petite presqu’île verdoyante, au milieu des lagunes et rivières, des lapins, des petits et gros oiseaux pas farouches du tout. On se croirait dans Blanche Neige !! Attention quand même à la nourriture, on sait pourquoi ils sont là !! On fait notre popote au feu... comme des Robinsons, avant une nuit bien fraiche. La température a dû descendre en dessous de 0 et le matin, les sommets sont enneigés ¡ C’est le moment d’attaquer les 1000 mètres de dénivelé pour grimper le Guanaco (du nom d’un type de lama) à travers la forêt, la plaine marécageuse et les pierriers. Il fait froid en haut mais la vue sur cette fin du monde à 360º mérite l’effort…. Le Maté (boisson nationale en Argentine; genre de thé très amer qui se partage et se boit tout au long de la journée) offert par un argentin au sommet est le bienvenu ! On croise même un castor en redescendant.Youpi !!!!

 

Quelques jours tranquilles au camping d’Ushuaia avec les amis rencontrés là-bas et nous nous préparons à quitter la Terre de Feu que nous avons connu sous le soleil et sans les pluies et vents dont on nous avait parlé… Certes, c’est l’été, une moyenne de 11º et les filles sont en débardeurs !! (pas nous)

 

On traverse l’île vers la frontière chilienne qui partage la Terra del Fuego en deux. Un bout au Chili, l’autre à l’Argentine. Après avoir été ignorées pendant des années, ces terres du bout du monde ont longtemps été sujets de conflit entre les deux pays. Tout comme les îles Malouines, disputées à l’Angleterre et sujet préféré du gouvernement pour ne pas traiter des vrais problèmes politiques du pays (inflation, éducation...) Dixit certains argentins.

 

On nous avait promis un passage de la frontière chilienne très très long et même un peu galère. Mais ce sera comme une lettre à la poste pour notre bus. On est un peu déçu quand même. On verra la prochaine fois...

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Jeudi 15 mars 2012 4 15 /03 /Mars /2012 01:42

Le voyageur n’est pas toujours dans l’anticipation extrême, voire parfois pas du tout dans l’anticipation...Cela nous vaudra de repousser un peu notre départ pour Ushuaia (question de dispo, de prix...). Nous décidons donc de mettre Buenos Aires sur notre route maintenant. 19h de bus nous attendent...mais quel bus ! La Roll Royce du bus, le 5 étoiles, mieux que la business class de l’avion, ou que le jet privé de Madonna…Promo sur le cama (“lit”), Ok, on prend ! Sièges larges et confortables, super inclinables, repose-pieds, couverture, oreiller de compèt’, télé, service à bord : repas, café, bonbons, boissons etc. Bref, là y’a pas photo, le bus argentin en cama con servicios c’est la classe !

 

Nous voilà de bon matin au “Retiro” le terminal des bus de Buenos Aires (à l’origine “Nossa Señora Santa Maria del buen aire”). On trouve notre auberge et pas très frais malgré le cama, on part en ballade dans notre quartier et vers La Boca, pas très loin. En chemin on s’arrête dans un de ces cafés à l’ancienne de Buenos Aires (un petit air de bistrots parisiens) “El Britannico” pour enfin savourer un vrai café chico au bon goût de café ! On aime deja l’Argentine après 3 mois de jus de chaussette ultra sucré (le café du Brésil ;)).

La Boca c’est LE quartier du stade de La Bombonera, celui de l’équipe Boca Junior du légendaire Diego Armando Maradona, qui a son siège à vie dans les tribunes (ce passage est 100% Gonzague, hein...). Tout est bleu et jaune : le stade, les supporters, les boutiques, les t-shirts (plus ou moins authentiques). On apercevra même l’intérieur du stade (ce soir là il y a le jubilé d’un certain Palermo) et les préparatifs. Une nouvelle fois, nous n’aurons pas la possibilité d’assister à un match (à croire que les dieux du futbol ne sont pas avec Gonzague...). La Boca c’est aussi le quartier du Caminito, aujourd`hui très touristique, mais ancien quartier populaire puis bohème avec ses maisons colorées, ses musiciens, ses artistes peintres, ses shows de tango et son style d’enseignes typiques...

On remonte vers San Telmo, le fameux quartier des antiquaires de Buenos Aires. On y reviendra le lendemain pour le marché aux puces du dimanche. On y croise belles boutiques d’antiquités, vendeurs d’artisanats, marché couvert, galeries, et danseurs de tango. C’est dans un de ses restaurants que nous dégusterons notre premier bife de lomo et bife de chorizo argentin avec une bouteille de vin...nous en gardons un souvenir ému. Pour les amateurs de viande, il n’y a pas de mot pour décrire le plaisir de nos papilles ! Et nos estomacs ont digéré sans aucun soucis les 500gr de viande respectifs (la portion normale par personne ici !).

Nous continuons notre découverte de BA par Recoleta avec son cimetière, son parc, son église, son marché artisanal, son centre culturel...C’est dans le cimetière de Recoleta qu’est enterrée Eva Duarte Perón, la fameuse Evita, femme charismatique (et controversée) d’un des présidents les plus populaires d’Argentine. Le cimetière est pour le moins surprenant : des tombes familiales qui ressemblent davantage à des chapelles ou des sanctuaires, des sépultures immenses aux portes vitrées par lesquelles on aperçoit les cercueils sur des étagères ou simplement empilés...dans un plus ou moins bon état ! Nous n’avons pas vu de squelettes mais tout ça était assez inhabituel.

 

Et puis le quartier plus « business », le micro-centro. La grande place de BA, la plaza de mayo accueillait jusqu’à très récemment « Las madres de la plaza de mayo » qui réclamaient justice pour leurs enfants, les « desaparecidos », ces argentins « disparus » pendant la dictature militaire de 1976-83 qui a fait 10 000 morts et 20 000 disparus.

On retiendra aussi cette file de 200m environ d’argentins faisant la queue pour obtenir la nouvelle carte de bus...Oui, on vous en parle parce que les argentins font beaucoup la queue, très disciplinés, c’est frappant : pour le bus, la carte de télephone, d’identité, la banque etc. On voit des files de gens dans toutes les villes!

On rentre vers l’auberge par Puerto Madero, nouveau quartier au bord du canal, ancien port réhabilité avec promenades, lofts, restos chics...

 

On finit nos quelques jours à BA à Palermo, le quartier « tendance » de la capitale argentine : boutiques à la mode, créateurs, librairies, restos et bars branchés, boites de nuits. Un quartier qui vit surtout la nuit ou en tout cas au rythme argentin : ouverture des boutiques vers 11h-13h, pause entre 12h et 16h, et réouverture en fin d’aprem jusqu’à 20h30. Faut s’y faire! On ne va pas manger dehors avant 21h, voire 22h, voire 23h, bon sauf si on est touriste et qu’on a faim (mais les restos sont déserts) !! Et le matin dans les transports en commun vers 9h30-10h, on croisait les travailleurs partant au boulot...

 

A BA nous avons même eu droit à un concert de légendes du tango et du milonga, au Carnaval sauce argentine (costume short + veste queue de pie colorés à paillettes, percus et choré sportive...tout à fait particulière, presque comme le frévo brésilien), au métro qui ferme quand il pleut, aux demonstrations de tango qui vous scotche par la complexité de la danse...Buenos Aires est une ville cosmopolite où l’on sent les origines européennes du pays : espagnols, italiens, polonais, français, allemands, néherlandais, gallois, venus vivre une nouvelle vie dans ce nouveau pays...Ca bouge, la vie est certainement « speed » mais agréable. Et c’est beau. BA reste la capitale, considérée comme souvent avec les capitales, un peu à part du reste du pays...

 

Le plus dur dans le voyage c’est de faire des choix...Nous voulions passer plus de temps à BA. Nous l’avons seulement visitée...Il faudrait plusieurs jours supplémentaires pour vraiment « sentir » la vie des Porteños...Voilà, Buenos Aires nous enchante, on perçoit le plaisir d’y rester mais la fin du monde nous attend ;)

 

 

 

 

 

 

Par lebeignet
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